La manufacture française installée à Morteau poursuit sa montée en puissance technique, avec une gamme de calibres maison qui s'étoffe d'année en année.

Toutes les manufactures horlogères françaises ne sont pas nées avant-guerre en Suisse. YEMA, installée à Morteau dans le Doubs — berceau historique de l'horlogerie française — poursuit depuis plusieurs années un virage manufacture qui mérite d'être suivi de près.

Une gamme de calibres maison qui s'étoffe

Sous l'impulsion de la famille Bôle, propriétaire de la marque depuis 2009, YEMA a fait sortir en 2023 son premier micro-rotor de fabrication française, le CMM.20. La marque a ensuite enchaîné avec le CMM.30 (un tourbillon), puis le CMM.10 (un trois-aiguilles plus accessible) en 2024, et le CMM.31, une variante sport du tourbillon.

Une montée en puissance technique assez rare pour une manufacture indépendante à taille humaine, qui construit patiemment sa propre base de mouvements plutôt que de rester dépendante de fournisseurs extérieurs.

Un ancrage historique revendiqué

YEMA s'appuie aussi sur son histoire pour asseoir sa légitimité : la marque, fondée en 1948, a notamment accompagné Mario Andretti à Indianapolis en 1969 et le spationaute Jean-Loup Chrétien lors de sa mission dans l'espace en 1982. Une manière de rappeler qu'avant d'être une manufacture, YEMA a longtemps été une marque outil, pensée pour des usages exigeants.

Pour une marque française accessible, ce type de trajectoire est suffisamment rare pour être souligné — la plupart des acteurs à ce niveau de prix continuent de s'appuyer sur des calibres tiers plutôt que de investir dans leur propre R&D mécanique.